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emotionele intelligentie voor ouders en kinderen



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non, il ne fait pas ses nuits


non, il ne fait pas ses nuits. Moi non plus d'ailleurs. Je médite depuis longtemps la salve d'injures que j'aimerais balancer au prochain qui me posera la question. Même posée avec bienveillance, elle m'énerve. Au plus haut point car c'est mon troisième enfant d'affilée qui est parti pour ne pas les faire, ces fichues nuits jusqu'à sans doute ses 18 mois s'il respecte la règle familiale, pire s'il décide de faire du zèle. Forcément, je finis par me dire que je fais, qu'on fait un truc de travers. Alors que je sais que ce n'est pas le cas.

ma première parade, c'est de prendre de la distance. Dans le fond, les gens se fichent de la réponse, ils veulent juste montrer qu'ils s'intéressent. Donc autant répondre "oui, nickel", ça permet de passer au prochain stade de la conversation. Théoriquement, ça a du sens, il y a même un modèle pour ça ("la structuration du temps", allez voir si vous ne connaissez pas). Mais quand même, ça m'énerve.

la deuxième réaction, c'est l'humour mauvais. Quand on me dit au sujet d'un enfant: "ah tu sais que le bébé de Truc fait déjà ses nuits à 3 semaines?", je me dis "ben tiens, Truc aussi fait ses nuits, même de jour". Le problème, c'est que je ne peux pas le dire tout haut, c'est médisant et ça n'aide pas, donc je dois dire un truc en en pensant un autre et mon non-verbal ne manque pas de me trahir. Ca ce n'est pas bon pour l'entrée en relation non plus.

l'attitude socialement acceptable, c'est de jouer la carte mystère. Au "Il fait ses nuits?", je réponds d'un air le plus détaché possible "Comme un bébé de 8 mois" avant de partir sur un sujet qui n'a rien à voir. La diversion, en somme. Pour me divertir moi, tout en réprimant un bâillement.

n'empêche, c'est quand même dingue que tant de gens se posent des questions sur les nuits de mon bébé alors qu'il y a tellement de choses plus intéressantes à savoir sur ses jours. Et sans doute qu'ils veulent le savoir aussi, mais qu'on n'a pas appris à poser cette question. Une si belle question: "alors, comment fait-il ses jours?". Qui ouvre tellement de perspectives, y compris celle d'oublier la nuit atroce qu'on a parfois passée.

voilà qui serait un beau changement pour notre société. que par pitié, par bienveillance, par amitié, par servilité, par envie, par devoir, mais s ' i l v o u s p l a î t, vous puissiez rayer à jamais "il fait ses nuits?" de votre vocabulaire social. Ce n'est pas une victoire ni une qualité de faire ses nuits, ni de ne pas les faire. Ce qui compte, c'est de savoir si on peut être le parent que l'on a envie d'être, peu importe l'heure.

de mon côté, de notre côté, on sait que la nuit comme le jour, on fait de notre mieux pour être à l'écoute de notre enfant, de nos enfants, uniques et aux besoins spécifiques. On est ravis si les vôtres dorment et on n'a pas honte que les nôtres fonctionnent sur un créneau horaire particulier. La seule chose qui compte, le jour comme la nuit, c'est de sentir ce lien qui nous unit, cette respiration douce qui nous réunit, ce sourire qui nous éblouit.

charline desmecht


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