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investissement de naissance


voici mon plaidoyer pour que notre société s'investisse dans les naissances en partant des besoins du bébé à naître et du système qui l'entoure. Pour permettre à chacun de trouver l'équilibre physique, mental, émotionnel et spirituel dont il a besoin pour être un parent accompli.

on est bien d'accord, c'est de mon congé de maternité que je vais vous parler. Mais je trouve le terme mal choisi. Donc j'ai voulu en choisir un autre. Et ce que mon cerveau imprégné d'hormones a trouvé, à deux jours de la date officielle du terme de ma troisième grossesse, alors que je suis assise à la cuisine en jetant un oeil sur mes deux "grands" garçons et que je surveille le timing de la levée du pain, c'est de vous parler de l'investissement de naissance. Ca, ça me parle.

pour le côté orienté vers le bébé d'abord. Car avant tout, c'est de lui qu'il s'agit. C'est son projet de vie qui rythme aujourd'hui ma carrière, ma relation à ma famille, à mon entourage et à mes clients. Je préfère donc l'angle de la naissance à celui, plus réducteur, de la maternité.

en m'imaginant la venue au monde ce troisième enfant, je vois sa naissance comme un ensemble de moments bien plus étendus que l'accouchement. Je l'envisage comme le "quatrième trimestre" dont certains parlent, celui dont le bébé a vraiment besoin pour s'installer dans la vie après ses trois semestres in utero. Pour prendre ses marques dans toutes les dimensions. Pour que son papa, sa maman et ses frères trouvent leur place à ses côtés et que notre système familial laisse émerger un nouvel équilibre.

un investissement dans la durée, centré autour des premières semaines de vie d'un bébé, pour le cercle nucléaire qui l'entoure. C'est tellement plus qu'un "congé" de "maternité".

un investissement financier aussi. Car il est clair que ce que le statut d'indépendant prévoit pour le moment ne couvre pas la perte financière liée à l'arrêt temporaire - et pas nécessairement continu - du travail immédiatement après l'accouchement. Le législateur s'en est en partie rendu compte puisque j'ai compris que la durée d'indemnisation allait bientôt aller au-delà des très minimales huit semaines accordées pour le moment. Mais le problème est plus large. Préparer la venue d'un enfant prend physiquement au moins un an - les 9 mois de grossesse et les 3 mois qui suivent (au moins, je disais). Ce sont des mois pendant lequel (le corps de) la femme fonctionne de manière fondamentalement différente. Il est orienté vers deux vies (ou plus pour certaines). Et surtout, l'impact de la grossesse et de l'accouchement se situe au-delà du niveau physique, il est aussi mental, émotionnel et spirituel. Pour la femme et pour son entourage familial. C'est un chamboulement systémique. Et c'est pourquoi, pour ce troisième bébé et étant une "vraie" indépendante à ce stade de ma carrière, je me suis offert (au moins) l'espace d'un an pour travailler à un autre rythme et envisager différemment le contenu de mes projets professionnels et le temps que j'y consacre.

j'ai fait d'une situation de fait biologiquement inéluctable - une fois le choix posé de me lancer dans cette 3e grossesse - une opportunité murement pesée et adaptée à mes besoins physiques, mentaux, émotionnels et spirituels modifiés. Je me suis laissé le temps de me reposer et l'opportunité d'adapter mon rythme de croisière quand mon corps me le demandait. J'ai donné à mon cerveau le droit de fonctionner de cette façon si différente pendant que son méchanisme est soumis à l'épreuve des hormones de grossesse (et qui dans mon cas se poursuivra je l'espère par l'impact hormonal lié à l'allaitement). J'ai accueilli mes émotions et j'ai tenté, du mieux que j'ai pu et sans jugement, de les gérer adéquatement. J'ai reconsidéré ma place de femme, de mère et d'entrepreneure au regard de ma grossesse et de l'arrivée d'un troisième enfant. Avec mon mari, avec mes enfants. Et je compte continuer comme ça pendant les semaines qui suivront l'accouchement, sans connaître déjà exactement le rythme qui nous conviendra. Je me laisse donc aussi la liberté - dans les limites des contraintes légales - de m'adapter, sans culpabiliser.

la meilleure nouvelle dans tout cela, c'est que j'ai ressenti que le choix professionnel que j'avais fait il y a un peu plus de deux ans maintenant, en quittant le barreau et en me dirigeant vers la carrière de coach indépendante était parfaitement adapté à la réalité que j'ai vécue ces derniers mois. C'était pour moi la meilleure façon de me mettre en condition de répondre à mes besoins. Et parmi ces besoins figure toujours au premier plan le fait d'être épanouie professionnellement. Etre une coach heureuse pour être une maman épanouie, ou l'inverse, ou les deux en même temps, sans doute. Or, gérer cela ne peut pas se faire en huit semaines, c'est un investissement bien plus long - et ne nous chamaillons pas sur la durée exacte, convenons simplement du principe.

aujourd'hui, mon corps est prêt à partager ce troisième enfant avec le monde extérieur. Ma tête a veillé à l'organisation nécessaire. Mes émotions oscillent entre joies et peurs et j'essaie de les vivre en pleine conscience. Mon projet de vie - la dimension spirituelle de mon parcours - a pris forme, je sais qui je suis et qui je veux être. Je suis donc tout à fait investie dans le processus de naissance. Prête à découvrir ce qui va venir. Moment par moment. Respiration par respiration. Bonheur par bonheur. Peur par peur. Défi par défi.

j'ai la chance de ne pas avoir besoin de plus que l'intervention minimale de ma mutuelle pour couvrir mes besoins financiers pour cette période. Je n'ai donc pas de regrets ni de plaintes à ce sujet. Ma revendication institutionnelle serait que l'on permette enfin aux papas aussi de s'investir réellement dans la naissance de leurs enfants. Et tout ceux qui le font méritent un gros coup de chapeau car ce n'est pas avec un "congé" d'une durée ridicule de 10 jours - s'ils ont la chance d'être salariés, tant pis pour les autres - qu'ils sont soutenus à cette étape importante de leur vie. Idem pour les couples formés de deux mamans, de deux papas ou les parents célibataires qui, s'ils en ont la chance, ne peuvent compter que sur une aide totalement bénévole et sans réel soutien institutionnel.

j'aimerais en d'autres termes que l'investissement de naissance reçoive le traitement qu'il mérite, à l'échelle du système qui entoure la venue au monde de chaque bébé. Parce que tout le monde n'a pas ma chance. Or tous les bébés ont les mêmes besoins de base. Voyons cette question avec leurs yeux. Rien que les leurs. Pour qu'une nouvelle lumière vienne nous inspirer pour offrir un avenir meilleur à notre société.

et moi je vous retrouve dans quelques temps, quand je me sentirai prête. Pour parler ensuite de l'investissement parental, car ne rigolons pas, un "congé" parental ne couvre pas la réalité!

charline desmecht


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