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le temps pour soi


je me suis récemment laissée surprendre par la question de savoir ce que je fais pour m'occuper de moi. La question m'a fait peur car je n'avais pas tout de suite la réponse parfaite. Et puis j'ai pris le temps et j'ai trouvé que je m'en sors assez bien. Je prends soin de moi, je le sais, et tant mieux si je peux encore faire mieux. Et pour aujourd'hui, 15 minutes me suffiront avant de continuer ma journée. Non, ce n'est pas du luxe. Oui, c'est possible.

que faites-vous pour prendre soin de vous?

le sujet revient dans de nombreux parcours de coaching. Amené par le client, qui se fait accompagner pour parvenir à prendre du temps pour lui ou pour elle, pour fixer ses priorités entre boulot, famille et le reste, pour tenir le coup tout simplement. A la suite d'une question posée par le coach, pour forcer la prise de conscience d'un client qui ne parvient pas à se poser, qui reste connecté aux problèmes plutôt que de s'ouvrir aux solutions et tout simplement quand la question s'impose par l'écoute active de la détresse.

je me suis moi-même laissée surprendre pendant que j'étais allongée sur la table de mon ostéopathe: "Que faites-vous pour prendre soin de vous?"

suivi d'un blanc.

je n'ai pas réussi à répondre tout de suite et puis je me souviens juste de quelques balbutiements. La question est arrivée directement dans mes tripes sans être manipulée par la case cerveau. Alors que j'étais détendue et que j'avais confié mon corps à des soins professionnels, les mots sont allés tout droit interpeller ma fatigue, mon stress, mes inquiétudes, mes peurs. Ils me sont allés droit au coeur sans laisser ma tête les court-circuiter. En coaching, c'est ce qu'on appelle une question forte ayant du sens. Le genre de question que je peux sortir quand je suis coach et entièrement à l'écoute de mon client. Le genre de question qui m'a déstabilisée quand le client, le patient, c'était moi.

apprendre à répondre à la question

en reprenant cela avec du recul, je peux revivre de l'intérieur ce qui pose tellement de difficultés aux coachés: répondre à une "simple" question. Or nous sommes tous très forts pour faire le contraire. Pour donner des réponses qui ont sans doute du sens et une bonne raison d'être mais qui n'atteignent pas le but: accueillir et accompagner adéquatement l'émotion suscitée.

que se passe-t-il en nous face à une telle question? Que s'est-il passé en moi cette fois où elle m'a surprise?

tout d'abord, mon cerveau sait que je dois prendre soin de moi, qu'il faut que je le fasse si je veux tenir le coup dans la durée. Avec quelques bases de PNL déjà, je sais que ce que je dois faire, ce qu'il faut que je fasse renvoie à des peurs. Le je dois, il faut bloque plus qu'il ne libère. Il ne mène en tout cas pas au coeur de l'émotion, tout au plus la dévie-t-il. C'est donc ce qui s'est passé tant que je voulais répondre à une telle question avec ma tête, pour donner la "bonne" réponse. Celle que je devrais donner en tant que coach qui montre l'exemple. Quel talent pour me mettre la pression. Pas étonnant que la réponse soit restée bloquée.

et donc, je repose la question, qu'est-ce que je fais pour prendre soin de moi?

la réponse passe par les émotions

d'abord je respire quand la question me vient. Je la sens me toucher à plusieurs endroits.

dans le coeur, celui qui me mène à vouloir m'occuper des autres. Je sens un pincement qui dit que malgré toutes mes bonnes intentions, il y a encore trop de moments où je ne suis pas assez à l'écoute de moi-même. Tous ces moments où l'organisation de mon temps commence par: "d'abord ceci et cela, et puis je prends un peu de temps pour moi". Je me sens faillir.

dans la gorge. Face à une envie tellement grande de trouver l'organisation parfaite de mon temps, celle qui est impossible à trouver et qui installe un moment de panique et qui révèle une vraie peur de l'échec. Une envie de perfection qui par définition paralyse, car comme je ne trouve pas la façon idéale de faire, je me dis que je ne fais rien ou rien qui ne compte vraiment. Je laisse le train foncer à toute allure. Oh, je sais qu'il y a un frein de secours quelque part, je le trouverai bien le jour où ce sera vraiment nécessaire, non? Est-ce qu'on n'a pas assez le temps de se reposer quand on est mort? Profitons de la vie, me souffle le petit diable à l'oreille.

prise dans mes émotions, je n'ai toujours pas répondu à la question.

trouver le besoin

de quoi ai-je besoin pour arriver réellement à prendre soin de moi?

un sentiment de paix m'envahit. La peur est désamorcée, acceptée. Je sens la culpabilité s'envoler. Mes épaules se redressent. Je me félicite: au-delà de la peur, les mots qui réconfortent sortent. "Tu ne te débrouilles pas si mal. Ce n'est pas parce que tu peux mieux faire que ce que tu fais déjà ne compte pas". Ce sont mes mots à moi, ceux qui me touchent vraiment, ceux qui me parlent. M'apaisent. Je ferme les yeux. Voilà, là l'air passe vraiment, du bas du ventre au bout du nez. Du bout des orteils à la pointe des cheveux. La peur, la panique s'envolent par la fenêtre ouverte. Je vois le soleil au-delà des titres des journaux et de la pile de vaisselle non rangée.

ce dont j'avais besoin, c'était un signe de reconnaissance, que je n'ai été capable de me donner qu'après avoir pris la pleine mesure des émotions qui m'ont envahie. Pour cette fois-ci, c'était ma réponse. Après la confrontation avec mon "sois parfait" et mon "fais des efforts" appris en analyse transactionnelle, après m'être rappelée l'accord toltèque qui dit "fais toujours de ton mieux", j'ai pu me donner cette reconnaissance. Et en plus, cerise sur le gâteau, cela rassure mon niveau intellectuel, puisque je sais que je maîtrise assez d'outils pour gérer ce genre de situations, pour moi et avec mes clients.

et en plus, j'ai de nouvelles idées de stories pour vous parler de ces outils.

15 minutes suffisent

avant de continuer ma journée, je vais prendre un peu de temps pour moi. C'est ce dont j'ai besoin pour accueillir la reconnaissance que je viens de me donner. Je vais laisser le soleil se poser sur mon visage. Je vais lire le journal. Je vais feuilleter le nouveau Saveurs pour chercher de l'inspiration en cuisine pour ce soir. Je peux faire tout cela en 15 minutes. J'ai envie de le faire en 15 minutes. Pour garder l'équilibre de ma journée. 15 vraies minutes pour moi, dans le moment présent. Un cadeau en or en ce mardi matin. Je suis contente de pouvoir me le donner. Ca fait du bien de pouvoir rencontrer ses besoins.

charline desmecht

des petites choses pour prendre soin de soi

  • lire un magazine sans contenu
  • se déplacer à pied ou en vélo, sans stress
  • manger et ne faire que ça, profiter de chaque bouchée
  • cuisiner en pleine conscience (grâce au livre Bien dans sa cuisine d'Isabelle Filliozat)
  • faire de la couture
  • lire de la fiction
  • ne rien faire et assumer
  • jouer avec et comme les enfants
  • faire une chose à la fois
  • se déconnecter ("digital detox")
  • ...

de plus grandes choses pour s'attaquer au problème si s'en est un

  • connaître ses besoins
  • rester connecté à soi
  • apprendre à déculpabiliser
  • ne pas comparer à d'autres ou à d'autres moments de sa vie
  • faire toujours de son mieux
  • être dans le présent
  • ...

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