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être coach, le rôle de ma vie


une story où je vous parle de ma transition d’avocate à coach. Un changement de rôle pour endosser une identité où je fais la paix avec moi-même. Question de mettre le ton, ces stories iront aussi au fond des choses. Pour me rapprocher d’un autre rôle que je n’ai pas encore réussi à intégrer en tant que tel dans ma carrière, celui de l’écrivain.

aujourd’hui, je suis coach et j’ai organisé toute ma vie professionnelle autour de ce rôle. Le je suis a un vrai sens pour moi dans ce contexte. En étant coach, je révèle une partie profonde de moi dans l’exercice de ma profession. Je peux mettre l’écoute et la bienveillance au premier plan, tout comme l’autonomie de la personne que j’accompagne. Je vis ainsi chaque moment en étant connectée à mes valeurs. Quand je suis coach, je suis dans un rôle que j’aime et je suis fière de moi. Le dire comme ça me donne à ce jour encore un pincement au coeur parce que cela me renvoie à tous ces moments de lutte à la recherche du rôle* qui me permettrait de prendre réellement soin de moi tout en travaillant.

fin 2013, j’ai repris le travail après un deuxième congé de maternité. Déposer bébé et son grand frère à la crèche, foncer au boulot, réapprendre à lâcher la symbiose avec ces magnifiques petits êtres, arriver au bout d’une liste de tâches, reprendre la course contre la montre. Malgré une excellente répartition des tâches avec mon mari, j’ai vécu cette période en apnée. Je ne peux pas me souvenir avoir existé, avoir pensé à moi. Je n’ai pas réussi à prendre le temps et la mesure de mon rôle de maman, toute absorbée que j’étais à parvenir enfin et finalement à me faire à ma robe d’avocate. Une redite de mon retour au boulot après mon premier congé de maternité qui se terminait au printemps 2012.

être derrière les barreaux

c’est en septembre 2001 que j’ai commencé le barreau. Il y avait déjà un truc qui clochait, car je ne l’ai jamais achetée, cette fameuse toge. Louée, empruntée, mais pas achetée. J’étais l’avocate sans toge, comme pour pouvoir quitter à chaque moment ce monde-là sans rien laisser derrière moi. J’ai cherché ma voie au milieu de ce(s) barreau(x). Cherché très fort. Avec de grands moments de plaisir intellectuel, en sentant mon cerveau jongler avec le droit, les mots, les faits les situations. En redonnant un sens à des événements, en étant au service des clients dans l’envie de réellement les aider. En combinant les rôles aussi, pensant que l’addition de tentatives finirait par signifier sérénité. J’étais avocate et assistante de 2002 à 2005. Mais ça n’a pas marché. J’étais avocate et collaboratrice au service de Ministres de 2008 à 2011. Mais ça n’a pas marché non plus.

il y a eu un premier arrêt quelque part en 2004, quand mon estomac a commencé à souffrir du manque de respiration. Il en avait marre de cette cage thoracique toujours fermée, de cet air qui n’arrivait que par morceaux. Alors il m’a parlé en me disant « béance du cardia », un truc qui m’envoyait sans cesse de l’acide dans la bouche. Un truc qui s’est attaqué aussi à mes dents, me faisant perdre mon mordant. Je me suis ajustée. J’ai repris le sport, fait attention à mon alimentation, j’ai essayé d’apprendre à dire non et à ne rien faire. Je n’avais juste pas compris à quoi me servirait de dire non, ni de rien faire. Je sentais que le conseil reçu avait du sens en général, mais je n’ai pas réussi à lui faire prendre son sens pour moi. J’ai alterné les médicaments, les crises, les symptômes qui se diversifiaient. En apnée, toujours.

j’étais toujours derrière mes barreaux. Ceux que je m’étais patiemment construits, comme l’ours qui tourne en rond dans sa cage et qui finit par creuser un trou. Je ne me rendais plus compte qu’il pouvait y avoir une vie en dehors, tellement réceptive aux feedbacks qui me disaient que j’étais une bonne juriste, que j’avais du talent, que c’est là que se trouvait ma voie. J’ai donné, avec une très grande constance, la priorité à la reconnaissance des autres pour combler le gouffre de l’absence de reconnaissance de moi, par moi.

écouter mon corps à défaut de ma tête

au fond de moi, ça sonnait faux, mais je ne savais pas comment changer de registre. Je ne voyais pas l’issue puisque je m’étais convaincue que j’étais dans la bonne pièce et que je n’avais pas besoin d’en sortir, juste de repeindre les murs et de pendre d’autres rideaux, peut-être. L’acide envoyé par ma béance du cardia brouillait les signaux que mon coeur et mes tripes m’envoyaient. Ceux que j’ai pu capter le jour où j’ai compris de quoi j’étais réellement capable. Quand quelque chose de plus fort que toutes mes croyances limitantes, que toutes mes peurs est venu s’imposer à moi. En devenant maman, j’ai changé de pièce, de maison et de planète en une fois. J’ai pris de la distance et j’ai trouvé le canal qui me permettait d’écouter une autre fréquence. Pas pour moi au départ, mais pour donner toutes leurs chances à ces petites merveilles construites dans ma chair.

aujourd’hui, j’ai réussi à faire les liens entre toutes ces choses de mon passé**. J’ai appris à faire des choix pour moi, parce que c’était la seule façon de bien m’occuper de mes enfants. D’abord en me donnant à fond dans une magnifique formation en développement personnel offerte par mon dernier cabinet d’avocats, suivie entre la naissance de mon premier et les premiers mois de grossesse de mon second enfant. Ces petits artistes avaient déjà aiguisé mes sens, et j’ai pu recevoir cette formation et entendre ce qu’elle me disait de moi. Sans laisser la place à la peur, juste parce que je commençais à voir des évidences. Non, je n’étais pas faite pour de grosses structures. Non, faire carrière en tant que tel n’était pas important pou moi. Oui, j’avais une capacité à être un modèle pour les autres, à les inspirer, à les motiver. Oui, j’étais capable d’écoute. Oui, je pouvais apprendre à apprivoiser le silence. Oui, je voulais vivre dans l’instant présent (je ne perdrai jamais ce post-it qui me disait « be in the moment »).

amorcer le changement

la suite logique, après la deuxième naissance, était d’entamer une formation de coach. Sans projet précis en tête, juste parce que mes tripes me le dictaient. C’était ma vraie perspective en retournant au travail fin 2013. C’était mon filet de sécurité (sans le savoir) lorsque j'ai provoqué, début 2014, le conflit qui allait me sevrer du barreau. C’était ma lumière au bout du tunnel, qui me permettait aussi de voir qu’il y avait un tunnel et que pendant mon passage dans ce tunnel j’avais réalisé et appris de belles choses qui me serviraient bien une fois que je ferais surface.

je ne peux pas dire exactement quand j’ai fait surface. Je sais juste que là je sens bien les gouttes de pluie, les coups de vent et les rayons de soleil quand ils se présentent à moi. Je suis capable de travailler ma posture, de surveiller ma respiration. J’ai pris possession de ma vie en la donnant deux fois à d’autres. Et vous ne pouvez imaginer le bonheur que je ressens en posant ces mots, car j’imagine les possibilités le jour où un troisième miracle sortira de moi et poussera son premier cri de vie (c'est prévu pour fin mai 2016, si tout va bien).

en commençant cet article, je ne savais pas où il me mènerait. J’ai laissé parler mes tripes plutôt que ma tête. J’ai utilisé ce qui fait que je suis aujourd’hui devenue coach pour illustrer l’authenticité - fragilité qui est aussi une force. Dans tous les rôles.

charline desmecht

* le mot "rôle" est utilisé en référence à la méthode de Robert Dilts, pape de la Programmation Neuro-Linguistique de deuxième génération, qui a donné à ce sujet une formation passionnante en Belgique en juin 2015. J'ai ensuite acquis son livre, retraçant la méthode permettant de déterminer une Vision, une Mission, une Ambition et des Rôles. Cette méthode devenu une partie intégrante de ma pratique de coach. En anglais, le livre s'intitule " Next Generation Entrepreneurs. Live Your Dreams and Create a Better World through Your Business. Success Factor Modeling Volume I". J'en parle également dans la page "identité" de ce site.

** "faire les liens" fait référence aux mots de Steve Jobs dans son speech à l'Université de Stanford en 2005. J'en parle plus amplement dans la partie identité de ce site, à la page "charline".


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